La bourse des meubles anciens, et l’état d’un meuble


Meubles anciens / dimanche, avril 15th, 2018

Il n’existe aucun cours officiel des meubles anciens. Cependant, quel que soit le mode d’achat adopté ou imposé par les circonstances, divers éléments concourent à la fixation du prix des meubles anciens : il faut les connaître.

Un meuble ancien ne parvient pas à un âge plus que centenaire sans avoir subi de graves atteintes :

L’usage du meuble. En pesant sur ses pièces rapportées, pieds, vantaux, etc., on compromet la fixation ; le meuble devient branlant. La pesanteur naturelle, même dans le cas d’un meuble épargné par l’usage, apporte une inclinaison de certaines pièces: les portes des armoires anciennes ne sont pas au même niveau. Les planches s’infléchissent.

Les variations hygrométriques et thermiques. Le bois se déforme, parfois se fendille ou même se fend gravement; le placage se décolle, se déforme, se gondole.

L’entretien des meubles. Ou bien ils ont été négligés : dans ce cas, des moisissures, des cryptogames, des insectes, des encrassements ont pu attaquer le bois ou les matériaux précieux; les ferrures se rouillent; les cuirs se dessèchent; les tissus deviennent cassants. Ou bien, en les frottant et les nettoyant, on les a usés: les arêtes se sont arrondies, les sculptures fines ont disparu. Par contre, un poli inimitable s’est installé à la place des jeux d’ombre et c’est ce qui fait la patine et la valeur du meuble.

Les détériorations volontaires. Certaines parties des meubles ont été enlevées, soit pour leur utilisation dans un espace restreint, soit pour reporter ces éléments sur d’autres meubles en moins mauvais état et ainsi les réparer avec un bois d’époque dont la teinte sera par conséquent en harmonie avec l’ensemble (le bois changeant de couleur avec les années).

Les bronzes sont parfois remplacés par d’autres alliages moulés; la dorure peut être refaite au pinceau, alors que l’original était doré au mercure. Sous un éclairage vif, ces différences deviennent très apparentes. D’autre part, seule la dorure au mercure résiste aux essuyages d’entretien. Pour être remis en circuit d’utilisation, les meubles anciens sont donc généralement restaurés. Certains marchands, certains antiquaires pratiquent parfois ce double système de vente : prix remis en état, prix non remis en état.

Les meubles restaurés

Bonnes restaurations

Le bon ébéniste restaure un meuble ancien en utilisant du bois datant à peu près de la même époque, provenant de meubles ou constructions non utilisables: dans des maisons vouées à la démolition on récupère portes et étagères, contrevents et boiseries; on utilise aussi des éléments de meubles anciens trop abîmés pour être récupérables. Ces bois sont travaillés selon les méthodes en usage à l’époque de la fabrication du meuble; la réparation s’intègre ainsi dans l’ensemble sans en déprécier aucunement la valeur, au contraire.

La bonne restauration respecte la patine; elle ne recherche pas un aspect de neuf, mais seulement la consolidation de l’objet. On peut tolérer le remplacement d’un marbre si le nouveau marbre est poli avec soin et ne conserve pas l’éclat du neuf.

Mauvaises restaurations

Certains défauts de restauration peuvent diminuer la valeur des meubles anciens.

  • Utilisation de bois neuf. Outre que son aspect choque le goût, le bois neuf risque de « travailler » dans les mois suivants et la réparation est alors inutile, souvent nuisible ; un panneau peut se fendre, un pied céder.
  • Utilisation d’une essence de bois différente avec teinture de ce bois. Le bois employé est alors de qualité inférieure à celui de la fabrication du meuble, le grain en est différent. On a bien la teinte, selon les jeux de lumière, marque aussitôt une grande différence ; ou bien, bonne au départ, elle se modifiera avec le temps et la réparation deviendra plus tard très apparente et laide. La partie réparée peut être aussi vernie différemment que le meuble lui-même, ce qui accentue son défaut.
  • L’abus du mastic cachant les détériorations causées par les insectes ou tout autre défaut. Ces grossières malfaçons ne peuvent être admises sur des meubles anciens. Mieux vaut, si tel est le cas, confier le meuble mal réparé à un excellent spécialiste qui recommencera le travail dans les règles de son art.

Les meubles non remis en état

En achetant un meuble tel que le marchand l’a acheté lui-même, c’est-à-dire généralement sale et nécessitant une bonne remise en état, le prix demandé sera inférieur à la cote normale de ce meuble. Ainsi vous risquez de faire «une bonne affaire». Mais il faut pour cela être capable d’évaluer rapidement, après l’inspection soigneuse de chaque pièce, l’importance de la détérioration et la nature des réparations qu’il nécessite.

  • Avant de décider votre achat, tenez compte de vos réelles capacités en matière de bricolage ou assurez- vous qu’un artisan se chargera des réparations dans de bonnes conditions.
  • Méfiez-vous des meubles trop « abîmés». Leur achat est risqué car il implique la recherche d’un spécialiste capable d’exécuter un travail susceptible de vous coûter plus cher que votre achat lui-même.

Estimation des réparations les plus courantes

Les sièges, réparations peu coûteuses :

  • le recollage complet d’un siège en bon état mais disloqué;
  • la consolidation de la ceinture par des équerres;
  • un pied cassé ou usé dans le bas que l’on reposera par une enture.

Réparations plus sérieuses sur les sièges :

  • le montant d’un pied cassé doit être remplacé et le siège en partie démonté.
  • Un dossier cassé dans le bas entraîne une réparation toujours coûteuse, un des montants au moins devant être remplacé. Une cassure dans la partie supérieure est plus facilement réparable.

Les secrétaires. L’abattant est tenu au corps du meuble par une coulisse en cuivre. Si au point d’attache le cadre de l’abattant a craqué, le coût de la réparation, s’il n’y a pas de gainage, est abordable; assez coûteux s’il faut remplacer un gainage de cuir à encadrement au petit fer avec dorure.

Les armoires. Les fonds, surtout ceux des armoires paysannes qui ont souvent été adossées à des murs humides, sont très vermoulus et exigent un remplacement complet atteignant parfois le prix d’acquisition de l’armoire.

Les tiroirs. Exécutés presque toujours, même dans les beaux meubles, en bois de qualité très inférieure, demandent souvent une réfection assez importante avec ajustage dans les coulisseaux. Coût très variable.

Les pieds des meubles sont très souvent usés ou vermoulus. Les entures, si elles ne comportent pas de sculptures, sont peu coûteuses et très solides.

La marqueterie. La réparation des manques, des soulèvements, des cloques; le remplacement des filets de cuivre, sont toujours délicats et coûteux. Faire établir un devis.

Les restaurations de meuble que vous pouvez entreprendre vous-même

Nettoyer à fond un meuble

Qu’il soit en bon ou en mauvais état un meuble ancien récemment acquis, s’il ne provient pas d’un antiquaire d’un certain rang, exige, avant d’être intégré dans une installation, un minimum de remise en état, surtout de nettoyage.

Il sera effectué à l’écart des autres meubles : des parasites pourraient s’échapper et trouver un autre asile avant d’être détruits. S’installer également loin de toute flamme et commencer par passer sur tout le meuble un tampon imbibé d’essence de térébenthine; ce produit est une véritable nourriture pour le bois. Seules les surfaces vernies pourraient en souffrir (les meubles vernis feront toujours l’objet d’un régime spécial, de même la marqueterie).

Un morceau de tricot de laine servira de tampon. Le renouveler chaque fois qu’il est sale. Traiter les sculptures avec une brosse douce ou un petit pinceau court et touffu. Le meuble acquiert, à ce traitement, un aspect net; si certains endroits semblent encore sales, le bois étant maintenant protégé par la térébenthine, on peut le laver légèrement: préparer un mélange assez concentré d’eau et de savon de Marseille. Imbiber un tampon de toile de ce liquide, l’essorer, frotter les endroits sales du meuble rapidement et rincer ensuite avec un second tampon de toile trempé dans l’eau claire et bien essoré, sécher ensuite au chiffon propre. Il faut agir vite pour que le bois ne s’imprègne pas d’humidité. Laisser sécher complètement et passer de nouveau un peu d’essence de térébenthine sur les endroits lavés. Il est probable qu’après ce sérieux nettoyage, la teinte du meuble, semble beaucoup moins agréable, que la patine soit enlevée; en fait, ce n’est que la crasse qui est partie; la teinte primitive que l’on a aimée peut rapidement revenir si l’on procède à un encaustiquage soigneux. Pour cela, on attendra que toutes les restaurations soient terminées.

Vérification du meuble. Le meuble doit sécher à l’ombre. Bien sec, il sera examiné avec le plus grand soin et dans tous ses détails. Les éventuelles dégradations seront alors devenues très apparentes, ce qui ne doit jamais décourager. En les étudiant une à une, on recherchera, pour chaque cas, le remède approprié.

Remplacer une cheville qui bouge par une autre cheville du même bois; donc, l’enlever de son alvéole, en tailler une semblable, en la tenant légèrement plus grosse, et l’enfoncer au maillet de bois, après l’avoir éventuellement frottée de paraffine pour faciliter son glissement. Ultérieurement les couches de cire la consolideront.

Recoller à la colle forte, à chaud, tout ce qui se décolle, après avoir gratté, séparé et nettoyé les différentes parties. Les tables et les sièges doivent être très fermes sur leurs pieds. S’ils sont branlants, il faut étudier chacun des pieds et déterminer lequel est décollé. Il faut alors le décoller complètement. Nettoyer avec soin les éléments qui doivent être collés, les enduire de colle forte à chaud, les replacer dans leur position normale et maintenir le tout en ligotant soigneusement le pied nu meuble. Prendre les plus grandes précautions et vérifier que l’élément collé ne puisse glisser ou se déplacer. Laisser sécher trois jours; enlever alors le lien et, avec un petit grattoir, le surplus de colle.

Verifier le dos et le fond des coffres ou bahuts. Souvent, ces parties non visibles, sont en bois ordinaire, mal équarri, souvent disjoint. Dans ce cas on a intérêt à recouvrir toute cette surface de bon papier kraft, collé à la colle de pâte, après avoir bien nettoyé et brossé le bois, mais .ans le cirer. La feuille de papier aura le double avantage d’assurer l’étanchéité du meuble à la poussière et île présenter à l’essuyage une surface lisse, ne retenant pus la poussière. Le dessus des armoires doit être traité de la même façon.

Adoucir le glissement des tiroirs ou des mécanismes intérieurs des meubles en frottant les surfaces en contact avec un morceau de savon sec ou de la paraf- line. Une bougie peut remplir cet office également.

Les serrures doivent être réparées par un spécialiste; il faut, en tout cas, les graisser avec soin pour les rendre douces et silencieuses.

Enfin redonner au meuble une belle patine et, pour cela, ne cirer que très légèrement, avec un produit fluide, presque liquide. Laisser sécher, essuyer, lustrer et recommencer tous les deux ou trois jours jusqu’à ce que vous ayez obtenu le brillant souhaité. Le résultat est très durable et le procédé n’encrasse pas le bois. Ces opérations ont rendu le meuble propre et sain, sinon en parfait état. Il pourra être conservé tel quel; car les marques de son vieil âge sont parfois charmantes et, ainsi, remettre à plus tard d’autres améliorations.

Débarrasser un meuble de ses parasites

On dit que l’ancienneté d’un meuble se reconnaît à ce qu’il est «troué par les vers». Il s’agit, en fait, d’insectes en forme de larves qui vivent dans le bois et s’en nourrissent. Leur présence est signalée par des traînées de poudre impalpable jaune clair qui n’est autre que la sciure extrêmement fine qu’ils extraient du bois en forant leurs galeries dans sa masse. Ces animaux, en effet, creusent dans le bois des galeries sinueuses.

Il faut arrêter l’action destructrice de ces insectes. Pour cela, après avoir nettoyé le meuble, enduire toutes les parois intérieures d’un produit spécial du commerce, vendu chez les marchands de couleurs et droguistes, conçu spécialement pour la protection du bois. Les insectes fuient ce produit et se précipitent par les galeries vers l’extérieur du meuble. Au bout d’une heure ou deux, des traînées de poudre claire indiquent le mouvement. Autrefois, on se servait d’urine (l’urine d’enfant étant la plus recommandée); on l’appliquait avec un pinceau, on laissait sécher et on cirait… Aujourd’hui, vous pouvez injecter dans les trous, à l’aide d’une seringue hypodermique, un produit qui les supprime.

Projeter avec soin le liquide dans chaque trou, en commençant par ceux d’où sort de la poudre de bois. Les insectes sont ainsi bloqués et détruits dans les galeries. Essuyer minutieusement les traces claires. Lorsque plus rien ne semble bouger dans les galeries, après un jour ou deux, utiliser un mastic « bouche- bois» de la couleur appropriée (clair ou foncé) pour boucher les plus importantes dégradations de la surface du meuble ; creux et cavités apparents produits par les insectes, parcelles de bois éclatées en cours de manipulations, etc. Reboucher ainsi avec un petit couteau le plus de trous possible; il en restera toujours assez pour attester de l’ancienneté du meuble. Ne pas omettre de traiter ainsi le dessus (des armoires), le dos, et le dessous des meubles, parties peu visibles, mais dont on doit pourtant tenir compte. Il s’agit là d’un travail long et fastidieux mais efficace. Ces opérations terminées, cirer soigneusement, laisser sécher et lustrer.

Remettre en état un meuble verni

On ne doit jamais passer d’essence de térébenthine sur un bois verni. Toutefois, le meuble peut être très sale, auquel cas les produits d’entretien commerciaux ne suffisent pas à le nettoyer. Il faut donc entreprendre immédiatement, comme pour les autres meubles, un nettoyage en profondeur.

  • Sur les surfaces intérieures, non vernies, passer de l’essence de térébenthine.
  • Sur les surfaces vernies, le meilleur produit est encore une solution de savon de Marseille, utilisée avec un tampon de toile ou de flanelle bien essoré. Ne jamais rendre le bois humide en épaisseur; la surface aussitôt nettoyée doit être rincée au tampon d’eau claire essoré, puis essuyée au tampon sec. Vingt-quatre heures après, au moins, on lustrera le vernis pour examiner son état. Frotter les parties termes avec un tampon de soie naturelle usée, en tournant en rond, en appuyant, longuement et patiemment. Le brillant reparaît généralement dès que la surface est parfaitement propre. Sur les parties restant définitivement ternes, essayer d’appliquer un produit du commerce, spécial pour meubles vernis (l’acajou verni étant à la mode en Grande-Bretagne, il existe d’excellentes marques anglaises de produits d’entretien). Recommencer plusieurs fois l’astiquage. Ce traitement suffit dans la plupart des cas. Si les dégradations résistent, il faut avoir recours à l’ébéniste.

Le vernissage au tampon d’un meuble est un travail difficile qui exige patience et tour de main. En principe, seul un spécialiste est capable de bien vernir un meuble. Voici cependant une méthode pour revernir soi-même, au tampon, un vieux meuble. Préparer un mélange par parties égales d’huile de lin crue et d’alcool à brûler. Fabriquer un tampon avec un tissu de laine usé enroulé sur lui-même bien serré. Humecter ce tampon avec le mélange. L’envelopper d’un fin tissu de soie usé. Frotter avec ce tampon la surface à vernir, en tournant toujours en rond, doucement, d’un mouvement continu. Lorsque la soie se salit, la remplacer; lorsque le liquide manque, humecter de nouveau le tampon de laine. Le mouvement de frottement doit être fait non dans le but d’enduire, mais dans celui de polir et lustrer; donc ne pas mettre beaucoup de produit, mais appuyer en frottant. On vend dans le commerce un produit qui, dissous dans de l’alcool, permet de vernir les meubles soit au tampon, soit au pinceau. Mais il s’agit d’un travail qui ne supporte pas la médiocrité.

La marqueterie ternie se traite comme le vernis, au tampon.

Restaurer la marqueterie ou le placage d’un meuble

Dans le cas où les pièces décollées ne sont pas perdues : nettoyer à l’alcool et à l’acétone les surfaces de collage; les enduire d’une colle cellulosique incolore, en prenant le plus grand soin d’éviter les bavures. Appliquer la pièce dans son emplacement, appuyer pendant un moment ou mieux la placer sous presse; dès qu’elle est sèche, coller la suivante, et ainsi de suite.

Si un élément de marqueterie manque : le remplacer par du mastic à bois, verni au pinceau, avant de lustrer l’ensemble du panneau. Ce travail restera du bricolage car la marqueterie abîmée relève du spécialiste.

Raviver un meuble peint

Si la peinture d’un meuble ancien est fanée, elle doit être conservée et simplement nettoyée, toujours avec délicatesse, de la manière suivante : préparer un mélange composé de 4/5 d’eau tiède et 1/5 environ d’ammoniaque liquide du commerce. L’ammoniaque se trouve chez les droguistes et les pharmaciens (celui des pharmaciens est plus pur, plus propre, moins énergique; il est préférable). Tremper dans le liquide un tampon de tissu de coton blanc ou de teinte claire, ne dégorgeant pas. Lessiver en frottant doucement et soigneusement le meuble peint. Procéder par petites surfaces; après avoir passé la solution ammoniacale en frottant suffisamment pour ôter toute trace, rincer avec un autre tampon blanc trempé dans de l’eau claire; essuyer; puis passer à la surface suivante. Traiter les sculptures au pinceau pour laver, ainsi que pour rincer; terminer en essuyant dans tous les creux. Ce traitement, fait avec soin et en essorant bien les chiffons, respecte, s’il le faut, le tissu garnissant le meuble. Il est nécessaire de changer le tampon toutes les fois qu’il est sali. La peinture paraît, au cours de ce traitement, s’éclaircir: ce n’est que la crasse qui s’en va. Au contraire, si l’on emploie un détersif ou le savon, c’est un peu de la peinture qui est entraînée au nettoyage, ce qu’il faut éviter lorsqu’on souhaite conserver un décor ancien. Dans le cas de meubles très sales, on peut employer savon de Marseille ou détersif; il faut alors, le nettoyage terminé et le meuble bien sec, lustrer la peinture ou repasser une légère couche de la même teinte pour la renforcer. Lorsque la peinture est propre, cirer légèrement le meuble avec une encaustique absolument incolore afin de rendre à la surface son satiné et éviter ainsi qu’elle ne retienne la poussière.

Décaper un meuble

Si le meuble est peint. Lorsque la peinture est enlevée par plaques ou par éclats, ou bien si l’on préfère revenir au bois naturel, il faut décaper le meuble. C’est une opération difficile, risquée, ennuyeuse, qu’il vaut mieux confier à un spécialiste.

Si l’on tient à le faire soi-même, voici comment on doit procéder. Préparer une solution très concentrée de détersif, de préférence de la «lessive Saint-Marc».

En lever du meuble toute garniture de tissu. Badigeonner le bois avec le mélange à l’aide d’une petite brosse dure, par exemple une brosse à ongles en nylon.

II faut procéder en plusieurs temps; la lessive pénètre peu à peu la peinture et la détruit; on enlève avec la I)rosse la couche devenue pâteuse; il faut recommencer ensuite à passer le détersif; attendre, frotter, etc. On peut arrêter l’opération de temps à autre pour laisser sécher, car s’il reste des traces de peinture, elles apparaissent mieux sur le bois sec. L’opération doit se dérouler sans jamais tremper d’eau le bois, dont la surface seule doit être mouillée. Avec un papier de verre extrêmement fin, on peut parachever le décapage et, en même temps, redonner une surface lisse au bois du meuble.

Si le meuble est ciré. Il existe de nombreuses recettes de décapage. La suivante donne de bons résultats: un mélange de potasse, de lessive Saint-Marc, de farine et d’eau forme une bouillie liquide qui pénètre le bois et parvient même à le débarrasser de cette teinte noirâtre qu’en terme de métier on nomme « teinte sauvage». Il est nécessaire de répéter l’opération autant de fois que nécessaire pour que le bois apparaisse à vif dans sa presque totalité. On termine à la brosse et au grattoir pour atteindre les creux. Il faut ensuite soumettre le Lois à des rinçages répétés à grande eau pour éliminer toute la potasse, y apporter le plus grand soin si on ne veut pas voir, par la suite, la potasse ressortir même sous des couches répétées de cire.

Si l’on désire éclaircir le bois, tamponner avec un chiffon trempé dans une solution d’eau oxygénée à 130 volumes additionnée de 1 % d’alcali. Il y aura «décoloration» de la pièce traitée. Ce liquide étant corrosif, mettre des pains de caoutchouc et renouveler souvent les chiffons. Rincez abondamment et veillez à un séchage parfait.

Vérification du meuble. Ces opérations font apparaître défauts et manques. Bois vermoulu, assemblages déficients, parties décollées; il sera nécessaire d’effectuer une restauration parfaite. Mastiquer au mastic teinté, puis poncer au papier de verre 00 très fin.

Pour remettre en état un meuble décapé

  • Pour redonner au bois une belle teinte « noisette», il existe une recette: le «jus de chicorée», obtenu par une décoction de 100g de chicorée dans un litre d’eau, et passé au pinceau sur le bois.
  • Passer enfin le meuble à la cire. Faire fondre au bain- marie de la cire blanche que vous étendrez chaude uniformément au pinceau. Laisser sécher, puis faire reluire avec une brosse à meuble et terminer en frottant vigoureusement avec un chiffon de fil qui donnera un lustre parfait.

Remplacer et nettoyer les bronzes d’ornement

Lorsque certains éléments manquent, on peut essayer d’en retrouver de semblables chez les brocanteurs ou, mieux, aux-« Puces». Cette recherche est amusante et pleine d’intérêt. Des marchands sont spécialisés dans ce rassortiment. Si on ne retrouve rien de semblable à la pièce manquante, autant remplacer les éléments symétriques. Si le meuble est ancien, on s’efforcera de trouver des éléments de la même époque. Leur valeur ajoutera à celle du meuble. Un meuble disqualifié parce que ses bronzes sont abîmés ou dépareillés retrouvera toute sa valeur lorsque ceux-ci seront remplacés par des pièces anciennes en parfait état. On peut aussi se procurer des copies chez un spécialiste en bronze d’ameublement.

Comment les fixer. La pièce de bronze possède de minuscules trous dissimulés dans les creux de la sculpture. Dans ces trous doivent passer des clous minces pour la fixer au meuble. Pour enfoncer complètement chacun de ces clous, il faut un certain «tour de main». D’abord, préparer le clou: pour éviter de fendre le bois du meuble, frapper légèrement sur sa pointe avec le marteau pour l’émousser. Pour enfoncer le clou, envelopper le marteau d’un chiffon : ceci réduit les conséquences d’un choc maladroit sur le bois. Puis, poser la pointe d’un second clou sur la tête du premier; le marteau frappe le second clou et la pointe enfonce le premier. Ainsi évite-t-on de frapper les reliefs du bronze. Pour respecter l’aspect ancien du meuble, demander une teinte «vieil or»; un or trop brillant choquerait.

Comment nettoyer let pièces anciennes. Brosser avec une brosse à dents usagée trempée dans de l’eau savonneuse additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque. Rincer soigneusement et sécher avec un chiffon doux. Ne laisser aucune trace dans les ciselures (ne jamais utiliser de produits pour cuivre qui enlèvent la dorure).

Remettre en état les marbres

Pour nettoyer un marbre, ornement de valeur des meubles anciens, le produit le plus simple est le savon de Marseille. Bien rincer, essuyer, puis lustrer.

On peut aussi passer d’abord une éponge imbibée d’eau savonneuse, puis essuyer le marbre ainsi décrassé. Étendre à l’aide d’une bouillie épaisse obtenue en délayant, dans un demi-litre d’eau, du blanc d’Espagne et un gramme de détersif. Laisser sécher. Frotter, pour faire briller au chiffon sec.

S’il reste des taches indélébiles, on peut poncer le marbre avec une ponceuse électrique : agir prudemment, l’opération étant très rapide. Il ne faut recourir à ce moyen qu’après plusieurs lavages successifs au savon et à l’eau chaude. Lavage ou ponçage doivent être suivis d’un lustrage prolongé, avec une cire incolore, ceci pour éviter que le marbre ne se salisse trop vite ensuite. On doit enduire de cire, laisser sécher, lustrer, laisser passer un jour ou deux et recommencer, ainsi de suite quatre ou cinq fois au moins; il faut arrivera un poli semblable à du vernis.

Pour réparer un marbre cassé. Recoller les morceaux avec de la colle cellulosique. Pour réussir ce collage, il faut nettoyer parfaitement les bords de la cassure et étudier exactement leur position réciproque. Puis enduire chacun d’eux d’un peu de colle et les placer l’un contre l’autre en appuyant énergiquement. Les maintenir en place avec un poids, ou bien en collant à la colle de pâte un morceau de toile qui les retienne. Lorsque tout est sec, la toile s’arrache facilement, la colle dure ne bouge pas. Éventuellement, une ligne blanche peut persister, marquant l’ancienne cassure : on insistera avec la cire sur cette ligne afin qu’elle ne retienne pas ensuite la poussière.

Un marbre trop abîmé peut facilement être remplacé chez un marbrier. Le marbre neuf doit être choisi de la même qualité que l’ancien; il sera taillé aux mesures et livré poli.

Nettoyer et entretenir

Les ferrures. Après les avoir éventuellement dérouillées en les laissant tremper dans du pétrole, les frotter dans le sens de la longueur avec une toile émeri, imbibée de pétrole. Vous commencerez ce travail par un grain d’émeri plus ou moins gros, suivant l’état de la ferrure, pour terminer toujours par un numéro très fin le 000, qui donnera un beau poli.

Si les ferrures n’ont pu être enlevées du meuble, elles seront nettoyées et dérouillées soigneusement avec un coton imbibé de pétrole, mais seulement après l’encaustiquage du meuble, car le pétrole est un produit gras qui tache le bois. Procéder délicatement. La couche de rouille ôtée, frotter le fer avec un tampon à récurer les casseroles, laine de fer ou nylon. On doit frotter jusqu’à faire briller le métal. Lorsqu’elle est propre, une ferrure n’est pas noire mais gris foncé avec des beaux reflets. Encaustiquer aussitôt après pour que la cire empêche une nouvelle attaque de la rouille. Les ferrures étant toujours placées sur des meubles encaustiqués, elles seront entretenues en même temps que le meuble. Régulièrement elles seront dépoussiérées à la brosse.

Les cuivres se traitent avec tous les produits spéciaux du commerce. Si vous désirez conserver une certaine patine tout en ayant des cuivres propres après les avoir savonnés et séchés, passer une brosse imprégnée de jus de citron.

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