La cote de d’époque des meubles anciens


Meubles anciens / dimanche, avril 15th, 2018

Le cours des meubles anciens varie selon la vogue du style auquel ils appartiennent. Certaines époques sont à la mode ; d’autres ne le sont pas encore ou ne le sont plus. Le fait qu’une époque soit à la mode peut faire varier son prix de 50 à 100 %.

Le « pourquoi » de la mode. Un style devient tout à coup «à la mode» parce qu’il remplit auprès des antiquaires décorateurs trois conditions majeures :

  • prix d’achat peu élevé afin de vendre bon marché et en grande quantité;
  • mobilier encore facile à trouver. C’est ainsi que des « vieux meubles » remisés dans les greniers de nos grand-mères prennent des galons et deviennent meubles anciens avec, par exemple, l’appellation Louis- Philippe d’époque; Napoléon III d’époque; bientôt 1900 et 1925 d’époque !
  • des lignes et des proportions répondant aisément aux impératifs de l’architecture moderne et s’intégrant, sans difficulté, dans des cadres clairs et gais.

Ce serait une grave erreur de croire que les styles n’étant pas « à la mode» sont pour autant « démodés». Certaines époques ont toujours été et demeurent difficiles à trouver et à acquérir, étant donné leurs prix « plafonnant» très haut…; leur valeur est sûre et croissante, puisqu’elles sont de plus en plus rares.

Des époques hors de prix, mais toujours « sûres »

Le Louis XIV

Les meubles sont presque toujours authentiques, aussi sont-ils très rares et atteignent-ils des prix très élevés.

Ce style riche et majestueux nécessitant un cadre imposant, se voit à l’abri des falsifications trop coûteuses à réaliser.

La Régence

Cette époque élégante alliant à la fois la majesté du Louis XIV et la préciosité du Louis XV fut courte. Les meubles authentiques sont rares et particulièrement recherchés.

Le Louis XV

On peut encore trouver à acheter des meubles Louis XV d’époque chez certains grands antiquaires et dans les grandes ventes, mais leurs prix sont prohibitifs. C’est le style de salon par excellence. L’élégance de ses lignes séduit encore les familles fortunées et les amateurs d’art. Les copies Louis XV sont innombrables et se vendent toujours bien. Mais, hélas! elles ne sont pas toujours bonnes. A signaler cependant les copies Louis XV réalisées à l’époque Louis-Philippe dont la patine centenaire les classe déjà « meubles anciens ».

Le Louis XV-Napoléon III, de style beaucoup plus lourd et chargé, n’est qu’un mobilier «inspiré» du Louis XV. Il ne peut être classé parmi les bonnes copies.

Le Louis XVI

Les meubles authentiques de cette époque sont encore relativement nombreux. Mais plus nombreuses encore sont les copies (surtout parmi les meubles peints). Le Louis XVI, l’un des styles le plus copiés, est cependant l’un des plus difficiles à imiter car la beauté de ces meubles simples se révèle surtout par le fini de l’exécution et l’art de l’ébéniste.

C’est à la perfection du détail que l’on distingue l’original de la copie.

Ce mobilier de grande qualité a depuis toujours une clientèle sûre de grand goût, mais aussi de grands moyens, car le moindre petit meuble d’époque vaut extrêmement cher.

Des époques bien cotées, mais moins en vogue

Le Directoire

Fabriqué déjà sous le règne de Louis XVI, durant la Convention, puis sous le Consulat, ce mobilier charmant fut lancé sur le marché des meubles anciens en assez grand nombre.

Très en vogue il y a quelques années, ils s’épuisèrent aussi rapidement que grimpait leur cote. Devenus relativement rares et chers, les antiquaires s’intéressent aujourd’hui à d’autres époques moins recherchées. Le Directoire n’est plus « à lancer ».

L’Empire

Il était classique de rencontrer à une certaine époque, surtout dans les bureaux, les bibliothèques et les cabinets professionnels, ce mobilier imposant, sévère, solennel, parfois chargé et lourd.

Les meubles authentiques sont encore nombreux, car I’Empire est une époque relativement proche, mais l’envahissement, qui s’opéra depuis 50 ans sur le inimité des meubles, des ensembles de style Empire, copies uniformes plus ou moins bonnes, a quelque peu lassé les amateurs de cette époque et rendu l’achat de pièces anciennes plus périlleux.

Si la nouvelle génération ne semble pas particulièrement attirée vers ce mobilier, il est encore bon nombre d’amateurs et de connaisseurs sachant réaliser d’honnêtes placements en achetant «l’Empire» de qualité, de valeur sûre.

Des époques ressuscitées, mais déjà excessives

La Haute Époque et le Louis XIII

On doit à la vente des grands châteaux et des gentilhommières de famille en particulier ce retour du Louis XIII sur le marché.

Réservée jusqu’alors à quelques amateurs, toute cette production englobant le Moyen Age, la Renaissance et le siècle de Louis XIII, conquiert chaque jour de nouveaux adeptes. Devant les nombreuses demandes, certains de ces meubles deviennent de plus en plus rares et, en conséquence, de plus en plus chers…

On ne retrouve actuellement d’authentiques que les meubles lourds, de très rares tables, d’exceptionnels fauteuils : il existe cependant de bonnes et vieilles copies passant d’ailleurs la plupart du temps pour des meubles d’époque.

Il est utile de savoir

  • que les grandes tables Louis XIII n’existent pas. Toutefois, peuvent aller avec ce style les tables de monastère fabriquées à la même époque. Il s’agit de longs plateaux étroits (de 1,80 m à 4 m de long sur 60 à 80 cm de large), en chêne, noyer ou châtaignier. Ils reposent sur 2 gros pieds carrés à facettes, placés dans l’axe central de la table et s’appuyant eux-mêmes on des patins.
  • que les coffres en noyer à pointes de diamant (que l’on trouve surtout dans le midi de la France) sont à l’heure actuelle fort rares et fort chers.
  • qu’il existe des modèles de coffres très rustiques en sapin, très abordables (caisse sans nulle ornementation), dans les campagnes et chez les brocanteurs. Sculptés « au couteau » par les paysans, certains coffres sont agrémentés parfois d’une décoration fort sommaire: grosse fleur et sa tige au centre d’un panneau ou écailles sur les montants et les traverses. Ils valent alors déjà plus cher.
  • que les sièges à pieds « os de mouton » valent 20 à 30 pour 100 de plus que ceux dont le piétement est à balustre.
  • qu’une grande armoire « pointes de diamant» vaudra plus cher qu’une armoire à panneaux, mais que la même armoire « pointes de diamant» sera moins cotée qu’une petite armoire à panneaux moulurés;
  • que les grandes armoires valent moins que les armoires n’atteignant pas 2 m de haut;
  • que les buffets Louis XIII à deux portes et deux tiroirs n’ont jamais existé. Ceux qui passent pour tels sont, en réalité, des bahuts Louis XIII dont on a supprimé le corps supérieur;
  • que les petites tables basses n’existaient pas à l’époque Louis XIII (comme d’ailleurs aux époques suivantes). Aussi les prétendues telles sont-elles le résultat d’habiles transformations…

La Restauration et le Charles X

Jugé longtemps trop lourd, ce style oublié fut relancé sous l’étiquette « bois clair». Le citronnier, aux incrustations foncées, a séduit. C’est un meuble solide et raffiné tout à la fois. Mais l’époque Charles X fut courte, la source fut vite tarie et les meubles atteignent à présent des prix considérables, même ceux en acajou.

Attention! Bon nombre de meubles Louis-Philippe, lorsqu’ils sont en bois clair, deviennent aujourd’hui « Charles X».

Ce simple changement d’appellation et quelques incrustations de bois sombre, fraîchement réalisées dans l’atelier d’artisans habiles, permettent à certains antiquaires de tripler et de quadrupler leurs prix.

Ces nombreuses falsifications expliquent d’ailleurs la soudaine abondance, sur le marché, de meubles rares à l’origine (car l’époque Charles X fut courte), et qui se sont raréfiés avec le nombre d’amateurs qu’ils connurent ces années dernières. Si vous avez le moindre doute sur l’authenticité d’un meuble, il est toujours préférable de réclamer, lors de son achat, un certificat d’authenticité.

Quelques meubles particulièrement recherchés : Les secrétaires, les coiffeuses, les lits de repos, les sièges « gondole », les tables « lyre ».

Le Napoléon III : une époque « relancée » mais déjà surestimée

On trouvait aux «Puces» après la dernière guerre, pour presque rien, des buffets incrustés de pierres dures multicolores, des secrétaires noir et or, guéridons à bouquets de nacre peinte, sièges « gondole » en carton bouilli, aux incrustations de nacre. Nos grands-parents les trouvaient lugubres et les donnaient aux chiffonniers. Jacques Damiot, spécialiste du XIX’ siècle, fut l’un des premiers à relancer ce style en l’adaptant dans des cadres clairs et gais. On découvrit alors que les fauteuils et les canapés capitonnés étaient de loin les sièges anciens les plus confortables, et que le meuble nacré était des plus précieux.

I a cote de ces meubles atteint actuellement son maximum. Seul, le second Empire, copies Louis XV, meubles créés pour l’impératrice Eugénie, est encore très bon marché : grands canapés sculptés de corbeilles de fleurs, de nœuds de rubans, recouverts de velours, de lampas, au dos incurvé, aux accotoirs et aux pieds tourmentés; tables incrustées de galerie, ornées de marqueterie, style Boulle, dont les plateaux sont enrichis de marbre rare.

Un avantage cependant: on ne risque pas encore de trouver de copies Napoléon III, ces meubles que l’on découvre sont heureusement authentiques.

Le Louis-Philippe : une époque abordable, mais qui « grimpe » chaque jour

On a beaucoup médit de ce style dit romantique. Ces meubles sont à l’image de Louis-Philippe, roi bourgeois : ils sont sages. Mais cependant avec une pointe de sentimentalité, une note de fantaisie.

Ils reviennent à la mode parce qu’ils sont encore bon marché, parce que l’on en trouve chez tous les brocanteurs, tous les antiquaires et dans tous les greniers. Créés pour la bourgeoisie de l’époque, ils ont été réalisés dans un désir de confort et de solidité. En raison de ces qualités, la vogue qu’ils connaissent aujourd’hui est méritée.

Ces meubles, en acajou ou en bois fruitier, ont l’avantage de s’accommoder de beaucoup d’autres styles.

Il est utile de savoir :

  • que les secrétaires, solides comme la fortune, sont surmontés d’un marbre gris ou d’un dessus en acajou. Ils n’ont pas de bronzes ciselés. Toujours soigné, l’intérieur de la partie haute est souvent en citronnier;
  • que le lit-bateau doit se choisir petit. Les grands lits Louis-Philippe sont disproportionnés;
  • que l’on trouve encore un grand nombre de petits meubles charmants à des prix raisonnables, par exemple : coiffeuses, jardinières, guéridons, casiers à musique et des porte-musique, des tables de chevet, des tables à jeu, des dessertes en étagères et des étagères à bibelots;
  • que les commodes doivent être choisies petites et que leur marbre doit être d’origine.

Modern style : l’époque « affaires »

Le modem style quitte les brocanteurs pour les vitrines des antiquaires. On considère qu’un meuble est ancien lorsqu’il a au moins cent ans d’âge. On ne devrait donc considérer comme tels que les meubles fabriqués avant les années 1860 et 1880, c’est-à-dire à peu près à la chute du second Empire.

Cette notion n’est pas absolue puisque les antiquaires lancent actuellement des meubles fabriqués autour des années 1900 et 1910.

Que l’on aime ou que l’on n’aime pas le mobilier de « la belle époque » il est cependant un fait certain : sa valeur doublera ou triplera d’ici une dizaine ou une vingtaine d’années car il représente une phase très

importante de l’histoire de l’art : le modem style est un m y If créateur. Le moment est venu d’acheter, il en est encore temps. Afin de mieux vous persuader, nous vous rappellerons que, si vous aviez su «flairer» la mode, vous auriez acheté pour «rien» il y a 20 ans des opalines anciennes, il y a 15 ans des meubles anglais, il y a10 ans des meubles Napoléon III et Louis XIII : ils n’avaient alors aucun acquéreur!

De cette époque, sont particulièrement charmants

  • les salons en vannerie, en bois noir torsadé ou en bambou, style colonial
  • les tables gigognes
  • les sellettes pour plante verte et palmier
  • les poufs « rococo ».

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