Les meubles anciens signés


Meubles anciens / dimanche, avril 15th, 2018

Lorsqu’il s’agit de meubles signés par des ébénistes réputés, ayant marqué de leur personnalité toute une époque et enrichi l’histoire de l’art par l’originalité ou la perfection de leur production, les prix atteignent automatiquement un cours des plus élevés. La présence de la signature garantit également l’authenticité du meuble, son ancienneté réelle. Noter cependant qu’un ébéniste dont la signature, est « cotée » a pu produire des éléments moins bons que l’ensemble de son œuvre, la réelle valeur du meuble signé doit en tenir compte. Le meuble ancien doit compter parmi les bonnes pièces de son auteur. Enfin, il importe que la partie du meuble portant la signature n’ait pas été prélevée sur un meuble d’origine, détruit, devenu inutilisable, et reportée sur un meuble de qualité tout autre. Dans tous les cas, il vaut mieux un meuble non signé admirable qu’une œuvre signée de moindre beauté. Pour les connaisseurs, le choix est facile, l’instinct et l’expérience priment la théorie; pour la majorité des gens, la signature vaut une garantie contre une erreur de jugement personnel, toujours possible.

L’estampille ne fit son apparition qu’en 1743, c’est-à- dire sous le règne de Louis XV.

Jusqu’à cette date, nous n’avons donc aucune preuve de l’authenticité des meubles fabriqués par les grands ébénistes des époques Louis XIV et Régence.

Mais on ne peut passer sous silence l’œuvre caractéristique de Boulle, ébéniste célèbre sous Louis XIV, à qui l’on doit les premières commodes.

Il faut également citer, pour cette même époque, Le Brun, alors directeur de la manufacture de meubles de la Couronne; Pierre Golle et Jean Massé.

Sous la Régence, le plus célèbre ébéniste fut Cressent. Citons aussi Tilliard, inventeur d’une très gracieuse chaise dite « chaise à la Reine», puis Delorme, Dubois, Germain Landrin, Van der Cruze et Œben.

Époque Louis XV. Les premières estampilles furent celles des ébénistes David Rœntgen; Georges Jacob; Gonthière; Jean-François Leleu; Louis Dufour; J. Avisse; Cresson; L. Delanois; Bernard; Boudin; Dubois; Delorme (meubles de laque, marqueterie), Dumoulin (commodes laquées style rocaille). Cressent; Gaudreau Joseph; Lacroix; Migeon; J.F. Œben; Peridies.

La signature du maître ébéniste est précédée de «J.M.E.» (initiales des mots juré maître-ébéniste). La signature est placée en général sous le marbre pour les commodes et les secrétaires, les sièges sont signés sur le dossier ou à l’intérieur du bâti.

Époque Louis XVI. J E. Leleu; J.M. Riesener; G. Jacob; E. Levasseur; E. Rœntgen; Martin; Carlin; Œben et son successeur Riesener; Pierre Roussel et surtout Nicolas Cochin, grand ennemi de la rocaille; Adam Weisweiler; Étienne Avril; Gaspard Schneider; Schwerdfeger; Benneman.

Époque Directoire. Georges Jacob et ses fils; Georges II et François-Honoré; Jean-Antoine Brun; Rapst; Heckel; Richard de la Londe; Aubert Parent; Berthault; Rœderer.

Époque Empire. Le plus grand nom : François-Honoré Jacob Desmalter et ses émules : Lemarchand, S. Monsion, P. Marcion, Boudon, Goubaut, Duguers de Montrosier. Jacob signe pendant la période impériale: «Jacob D, rue Meslée ». Sur les petits meubles il appose seulement le poinçon « I.D. ». Ses meubles sont très nombreux. Citons aussi : David, Percier, Denon.

Époque Restauration, Charles X. A partir de 1810, se fait la transformation conduisant du style Napoléon I » au style Restauration et Charles X, avec les bois du pays. Signatures: Claude-Charles Saunier utilise l’érable); Baudon-Goubaut (loupe d’orme); François-Honoré Jacob Desmalter qui signe alors: « Jacob », et son fils Alphonse qui signe «A. Jacob Fs et Cie »; Bellangé; Baudry; Bénard; Lemarchand; Weiner; Hockeshoven; les frères Mathias; Laurent; Remond; Puteaux; Lesage; Monbro; Chapelet; Magdonel ; Rahé; Kœlping.

Époque Louis-Philippe. Alphonse Jacob Desmalter dit Jacob ; Louis Edouard Lemarchand; Grohé, spécialiste des meubles en palissandre.

Quelques noms encore: Fischer, Werner; Chabert; Meynard; Belchsmidt; Denard; Gallais, de Nancy, fondant un style national inspiré de la nature; André Charles Boulle, inspiré par le style sino-japonais; Eugène Gaillard; George de Feure; Selmersheim; Guimard; Lucien Magne.

Époque Napoléon III. Henri Fourdinois; Sauvrezy (petits meubles de dame en bois de violette); Henri Dasson; Beurdeley, Kneil; Guérin; Godet; Barbedienne (meubles d’inspiration Renaissance); Grohé (meubles Louis XVI en érable et amarante); Charon, Dalon; Monbro; Winckelson; Fischer; Deveille.

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