Où trouver et comment acheter les meubles anciens


Meubles anciens / lundi, avril 9th, 2018

Achat direct au propriétaire du meuble

Il faut d’abord que celui-ci ait le désir de vendre. On peut l’y encourager par une offre spontanée; dans  ce cas, on doit être au courant des cours et savoir estimer la qualité de la marchandise. La tractation est entièrement libre, ne constituant pas un acte de commerce, mais une cession directe, à l’amiable, donc n’entraînant aucune charge de garantie de la part du vendeur. Le meuble passe tel, entre les mains de l’acheteur, avec ses qualités et ses vices éventuels, sans recours possible. En contrepartie, l’acheteur n’est aucunement responsable du faible prix payé si le meuble, à l’expertise, se révèle d’une valeur beaucoup plus considérable.

Achat chez un antiquaire

Chez un grand antiquaire. Le grand antiquaire est celui qui participe aux expositions et différentes manifestations professionnelles; souvent, il a acquis le titre officiel d’expert près les tribunaux, et sa publicité passe dans les revues de prestige; sa boutique offre un décor de grand standing et souvent il se spécialise dans une époque. Sa parole fait foi, sa compétence est des plus grandes, il ne trompe pas sa clientèle sur la marchandise, ayant plus à perdre qu’à gagner à ce jeu dangereux et peu recommandable. Chaque objet sortant de ses mains a une origine connue, est remis en état dans les règles de la profession et le respect du travail original, au mieux des intérêts de l’acheteur. La présentation des meubles est faite dans un décor d’ensemble ou selon des groupements et rapprochements propres à guider le néophyte dans la décoration de sa propre installation. La contrepartie de ces avantages consiste, comme on doit s’y attendre, en une  majoration sensible des prix de vente. La marge bénéficiaire couvre les frais d’une entreprise qui utilise des experts, des ouvriers d’art, un transporteur, des installateurs spécialisé, des décorateurs, etc. Pour l’amateur dont les compétences sont insuffisantes et les ressources suffisantes, l’acquisition d’un meuble chez le grand antiquaire est une garantie il authenticité et de haute qualité.

L’acheteur est en droit d’exiger une facture sur laquelle sera mentionnée la désignation correspondant à son achat, garantissant l’authenticité du meuble et engageant, de ce fait, la responsabilité de l’antiquaire pendant trente années consécutives. Une autre solution encore : se faire accompagner par un expert officiel qui, à la suite de son examen, délivrera un certificat d’authenticité ou donnera un avis nettement défavorable !

Cette garantie de l’antiquaire ne pourra vous être donnée ni par un marchand des « Puces » ni par un ferrailleur, ni par un brocanteur.

Chez un antiquaire de campagne. L’achat de meubles anciens chez un antiquaire de campagne doit s’entourer d’une certaine circonspection. On doit s’assurer d’abord de la réputation de ce commerçant, dans sa région, sur le plan professionnel. Non qu’un doute général ne doive planer sur les antiquaires de campagne, mais le commerçant nouvellement installé, dans quelque branche que ce soit, doit faire la preuve de ses capacités et de sa loyauté avant de conquérir ,sa clientèle. Le client ignorant ou insouciant peut faire les frais des premiers pas d’un professionnel débutant et inexpérimenté. S’il en est autrement, et si l’antiquaire est largement réputé, honorablement connu, l’amateur peut réaliser chez lui des affaires bien meilleures que chez le grand antiquaire. Ayant des frais moindres, il peut vendre à meilleur compte. Travaillant dans un milieu étroit où tout le monde se connaît, il peut s’assurer le concours d’ébénistes guidés par une bonne et réelle tradition, plus spécialement en ce qui concerne les meubles régionaux. De plus, de bonnes relations avec un antiquaire vous permettront de faire des échanges avec celui-ci.

Il est souvent agréable de remplacer un meuble « ancien » ou d’« époque» dont vous avez hérité par un autre plus approprié à votre ameublement. L’échange sera plus avantageux que l’opération «vente», faite toujours à bas prix, puis celle «achat», faite au prix fort.

Chez l’antiquaire, le « marchandage » n’est pas de bon ton, mais il est souvent possible de faire rabattre le prix d’un meuble lorsque le commerçant juge l’avoir gardé trop longtemps dans sa boutique, ou bien d’obtenir une sérieuse diminution sur l’achat de plusieurs pièces. Votre connaissance des prix en cours dans les salles de vente et chez les brocanteurs vous permettront de discuter les prix, parfois déraisonnables, de certains d’entre eux.

Dans le cas d’un achat chez un antiquaire de campagne, on doit toujours tenir compte des difficultés éventuelles de transport et de son coût. D’autre part, les antiquaires de campagne se spécialisent plus volontiers dans les meubles régionaux et l’on n’est pas toujours assuré de trouver chez eux un choix suffisant de meubles d’époque.

Achat dans les salles de vente

La plupart des grandes villes ont une salle de vente où se pratique la vente aux enchères de mobiliers et objets d’occasion, souvent anciens, parfois de très grande valeur. Les ventes sont confiées à des commissaires-priseurs dont la profession a des usagés strictement réglementés. Tout le monde peut se porter candidat à un achat en salle de vente; il suffit de participer aux enchères. Il ne faut jamais négliger, au cours de telles séances, les frais accessoires qui se greffent sur le prix d’achat de l’objet et qui majorent en général ce prix de 15%. S’assurer également d’un moyen de transport pour enlever l’objet dans le délai imposé. Lorsque l’amateur veut acheter dans une salle de vente où il n’est pas connu, il doit tenir compte du « clan » des antiquaires de la région. Ceux-ci, très souvent, lors de la visite de l’exposition des meubles mis en vente, se sont mis d’accord pour se partager les pièces les plus intéressantes ; il en résulte un barrage des enchères qui réussit parfois à empêcher l’inconnu d’obtenir l’adjudication, tout en s’opposant à une trop grande hausse du prix. La diplomatie de l’amateur inconnu consiste alors à céder avec la plus grande courtoisie et assez vite ; cette attitude peut valoir ensuite un accueil de faveur chez le commerçant qui se sera hâté d’exposer l’objet débattu et qui acceptera peut- être de « rabattre quelque chose » sur le prix de vente.

Achat à l’Hôtel Drouot à Paris. L’Hôtel Drouot, hôtel des ventes de Paris, est justement célèbre pour d’extraordinaires ventes qui y ont été faites; les expositions sont souvent remarquables et leur visite constitue une excellente école pour l’amateur d’ancien. Cette salle de vente est située rue Drouot, face à la mairie du IXe arrondissement. Les objets mis en vente sont exposés le matin dans différentes salles, que l’on visite. Les enchères commencent l’après-midi. Au cours de la vente, des antiquaires, des professionnels, des habitués, des amateurs éclairés et collectionneurs rivalisent. Tous se connaissent plus ou moins et discernent dans l’attitude d’un confrère le sort des enchères. Il y a donc un certain risque et beaucoup de «piment» à enchérir à la salle Drouot, au moins au cours des ventes intéressantes. De nombreux brocanteurs y ont fait leurs premiers bénéfices en achetant des « lots» de menus objets qu’aucun antiquaire ne jugeait bon de trier. Par la simple revente, également aux enchères, au même endroit, après tri, réassortiment ou bricolage, ils en ont tiré des sommes très supérieures. Il est nécessaire d’assister souvent aux enchères de l’Hôtel Drouot avant de pouvoir comprendre les règles psychologiques et commerciales de ce jeu.

L’art et la manière d’acheter à Drouot. Soyez là le matin dès l’ouverture des portes: 10 heures précises. Les meubles en vente l’après-midi sont exposés. Munissez- vous d’un carnet et notez le numéro de la salle où se trouve le meuble qui vous intéresse.

Allez trouver le commissaire ou son premier et demandez-lui les prix approximatifs qu’atteindront ces objets. Fixez-vous un prix limite. Donnez-lui votre nom (sans adresse) et votre prix maximum.

Faites vite et bien car à 11 heures la visite est terminée. Assistez, si vous le pouvez, à la vente qui se déroulera l’après-midi et montez vous-même votre enchère. Sinon, revenez vers 17 heures et donnez à celui qui achète pour votre compte, le commissaire- priseur ou son premier, une rétribution que vous calculerez d’après le nombre de vos acquisitions. Si vous avez une possibilité de transporter vous-même vos achats, prenez un porteur.

On vous remettra un ticket lorsque vous aurez réglé la somme que vous devez. Contre ce ticket, un magasinier (nouveau et dernier pourboire) remettra le ou les meubles à votre porteur.

Si vous ne disposez d’aucun moyen de transport immédiat, remettez ce ticket à un transporteur qui viendra retirer lui-même votre emplette de la consigne, c’est-à- dire au bureau du rez-de-chaussée.

Achat dans les ventes de campagne. Les ventes de campagne aux enchères publiques sont généralement réalisées par un notaire, en vue du règlement d’une succession. Il s’agit de meubles et objets mobiliers se trouvant dans une maison et devant être dispersés à des prix fixés à peu près arbitrairement. La date est prise pour une exposition des objets en vente, généralement un matin, et l’horaire des enchères fixé le plus souvent l’après-midi du même jour. La vente commence toujours par les objets de moindre valeur. L’amateur suivra cette première partie avec beaucoup d’attention. En effet, il a pu se rendre compte de la valeur d’ensemble des objets exposés; si les menus objets, ce qui est souvent le cas, atteignent des valeurs proportionnellement grandes, les gros objets, vendus ensuite, ne seront pas poussés trop loin, les vendeurs ayant généralement hâte d’en finir dès qu’il leur paraît que les sommes espérées sont dépassées.

L’amateur éclairé pourra donc acquérir à bon compte quelques-uns des gros meubles. Comme dans les salles de vente, des frais s’ajoutent au prix adjugé, ainsi que le transport des acquisitions.

Achat aux Marchés aux Puces

Le Marché aux Puces le plus connu de France est celui de Paris ; c’est une zone de tractations entre brocanteurs occasionnels ou de profession, située à Saint-Ouen, limite nord de Paris.

Il fonctionne trois jours par semaine : les samedi, dimanche et lundi, et les jours fériés; il est fermé pendant les jours ouvrables. On y pratique trois sortes de commerce :

  • commerce de neuf : vêtements, produits d’entretien, outillage, quincaillerie, de qualité ordinaire et à prix normal;
  • commerce d’objets d’occasion ou brocante: assemblage de curiosités sans grande valeur marchande, autour desquelles se déroulent des tractations assez âpres, les amateurs se faisant fort de « réussir la bonne affaire » ;
  • commerce d’antiquités où les stands ont le charme et la présentation des vitrines d’antiquaires de la ville.

Les bonnes affaires se font l’hiver et avant 10 heures. A Saint-Ouen, comme dans n’importe quelle ville de province, une visite hebdomadaire complètera votre formation.

Vous y apprendrez à « voir », première qualité du chasseur de meubles anciens.

De la méthode est indispensable dans ce travail. Vous observerez un sens giratoire de visite afin que rien ne vous échappe.

  • Au marché Biron, l’on trouve les meubles d’époque ou de style de belle qualité ;
  • Le marché Paul-Bert offre une marchandise plus diverse, intéressante ;
  • Le marché Vernaison reste le royaume du petit objet de valeur ;
  • Un bric à brac où l’on trouve de tout est installé au marché Jules-Vallès; ici le hasard peut encore favoriser les découvertes sensationnelles ;
  • Mille objets d’occasion sans ancienneté, mais pittoresques souvent sont rassemblés au marché Malik ;
  • Ni meubles ni bibelots le long de l’avenue Michelet, ou l’on vend des objets usuels, neufs, ainsi qu’au marché Lécuyer qui rassemble les fripiers devant des monceaux de vêtements usagés.

Si vous voulez faire de bonnes affaires, choisissez le premier jour d’ouverture de la semaine pour aller au marché. Soyez-y tôt le matin. Les marchands se sont réapprovisionnés et les antiquaires ne sont pas encore passés.

Les meilleures affaires se font l’hiver, les jours de pluie, de vent ou de neige, lorsque les exposants mal installés ,ont hâte de « faire leur journée» et liquident leur marchandise à des prix intéressants pour aller vite.

A vous, alors, de savoir marchander rapidement avec efficacité. Vous adopterez vite un procédé de marchandage que vous modifierez selon la personnalité du marchand

Pour les puces, un équipement spécial est presque obligatoire : chaussures plates, chaudes et confortables, pantalon et vieille veste. Toute élégance est superflue ce jour-là, elle risquerait de vous coûter cher !

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